Gentinnes (B) et Kinshasa (RDC)

C’est une grande première, cette année, le projet Le Son d’Enfants se déroulera en République Démocratique du Congo!

A la demande de la Petite Ecole de Gentinnes, les élèves du centre scolaire « La Colombe » à Kinshasa seront les correspondants des enfants chastrois. L’occasion d’établir avec eux une relation durable et de partager leurs expériences respectives de CNV (Communication Non Violente). Bienvenue à Déborah qui sera l’animatrice du projet dans la classe congolaise.

Vendredi 5 octobre à Gentinnes

Les profs le savent, faire un cours le vendredi après-midi n’est pas toujours chose facile. Les enfants ont déjà 5 jours d’école derrière eux, ils sont excités par le weekend tout proche. Et pourtant, ce sont 22 élèves bien éveillés et curieux de découvrir le projet Le Son d’Enfants que j’ai le plaisir d’avoir face à moi.

Sur une étagère de la classe trône la coupe du « mérite citoyen » décerné en juin dernier par le bourgmestre aux élèves de 5e primaire l’an passé pour leur action envers les migrants en difficulté. Le projet Le Son d’Enfants, ils le connaissent 😉

Comme toujours, la première animation est consacrée à réaliser ensemble une discussion philosophique à partir d’oeuvre d’art ( « L’Art en Question » du Centre d’Action Laïque).

 


Qu’est-ce qu’une famille? Les enfants associent la famille à un endroit où trouver du respect, de la protection, de l’entraide et de l’amour. Une famille, c’est une mère et un père. « Et que ce passe-t-il quand on est orphelin? » demande Auguste. Nous venons tous d’une père et d’un père, mais parfois ce sont d’autres qui nous élèvent et ça aussi, c’est une famille.

Serais-je le/la même si j’étais né/née dans un autre pays? Gabriel aurait sans doute « d’autres passions » »J’aurais moins d’accès à Internet » Aaaah internet 😉 « Les enfants seraient peut-être moins respectés qu’ici » « Mon pays serait peut-être en guerre, j’aurais peur » « J’aurais peut-être la peau noire ou les yeux bridés » « La couleur de la peau dépend d’abord de la couleur de la peau de mes parents, pas du pays où je suis née », bien vu Milka. J’apprends qu’il y a des origines étrangères chez quelques élèves: Australie pour Esteban, Espagne pour Dario, Pologne pour Brieuc et Burundi pour Mlka et Luna.

L’image que j’ai de moi, est-elle la même que celle que les autres ont de moi? Madame Alix demande la parole pour raconter une anecdote personnelle. Entre 12 et 17 ans, elle a porté des lunettes et pourtant à aucun moment elle n’aurait indiqué ce fait pour se décrire. Et elle ne comprenait pas qu’on puisse dire d’elle « Alix? Oui, c’est la fille blonde avec des lunettes ». Les élèves ont ensuite parlé de l’image parfois fausse que les copains ont d’eux. Même si certains paraissent sages, ils sont en réalité complètement « fou-fou », mais Nina préfère agir calmement devant ses parents. Pour leur plaire? Simon, lui, pense avoir l’image de quelqu’un de rigolo (les amis confirment), même s’il sait qu’à la maison, il ne fait pas rire sa grande ado de soeur.


Après ces discussions, il est temps pour les élèves d’enregistrer un petit message à l’attention des copains de Kinshasa avec qui ils vont réaliser ce projet. Premiers mots prononcés dans le micro, une petite photo « clic » et c’est dans la boîte!



Samedi 13 octobre à Kinshasa

Déborah, l’animatrice Le Son d’Enfants au Congo s’est rendue au Complexe Scolaire « La Colombe » pour rencontrer les élèves de la classe participante. Et ils sont bien plus nombreux qu’à Gentinnes. Ce ne sont pas moins de 54 élèves qui dialogueront avec les enfants belges pour ce projet.

 

La 1re animation à la Colombe s’est bien déroulée. Le thème exploité pour la discussion philosophique portait sur « l’amitié » avec comme question de départ:  « L’amitié est-elle possible au delà des frontières? »

Les enfants ont posé de nombreuses questions et se sont ouverts à la discussion.
Dans le développement, les enfants ont exprimé l’enthousiasme de rencontrer les amis de la Petite École de Gentinnes avec quand même un inquiétude: ‘‘et si ils n’aimait pas la couleur de notre peau? ». Il faut reconnaitre que c’est une question pertinente. Ce qui a conduit Déborah à parler du phénomène du racisme et à expliquer ce qu’on appelle « Le racisme ».

Parler d’ « enfants noirs » ou de « femmes blanches » n’est pas du racisme. C’est simplement une description, certes réductrice, mais objective. Le racisme commence lorsque l’on hiérarchise une race par rapport à une autre. Prétendre qu’une race est supérieure à une autre est un acte de discrimination et devient préjudiciable voire punissable par la loi dans certains pays. Le racisme et la discrimination sont à l’origine de nombreux conflits. C’est pour cette raison qu’il faut sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge à l’interculturalité et à la rencontre de l’Autre. On a peur que de celui qu’on ne connait pas 😉

D’où l’intérêt du thème de la discussion philo du jour: l’importance de l’amitié et comment la préserver.

Et pour démarrer une amitié avec les enfants de Gentinnes, rien de tel qu’un premier « Bonjouuuuuuuur! »

Vendredi 19 octobre à Gentinnes

Lors de cette 2e animation, les élèves de Gentinnes vont faire connaissance avec la classe jumelle au Congo. Mais tout d’abord, les enfants vont devoir répondre à une petite enquête afin d’identifier ce qu’ils croient savoir sur la République Démocratique du Congo. Cet exercice s’appelle un « relevé des représentations ». Il permet de faire ressortir les préjugés, positifs ou négatifs, que les 23 élèves ont sur les enfants du Congo.

Par exemple, si je vous dis « Congo », quels sont les mots qui vous viennent à l’esprit ?

 

Après avoir répondu au questionnaire, les enfants découvrent des informations sur ce pays d’Afrique centrale 77 fois plus grand que la Belgique! Les photos nous montrent les forêts tropicales, les grands lacs, la ville de Kinshasa où se trouve l’école La Colombe. Et enfin la photo des 54 élèves!! de la classe jumelle:

Les enfants préparent ensuite une présentation de leur école, de leurs loisirs et des sportifs belges qui rayonnent dans le monde. Peut-être jusqu’en Afrique?



Les élèves de Gentinnes ont pleeeeeiiiiin de questions à poser aux enfants de la Colombe. Ecoutez-les:


Déborah, à toi de jouer. On attend les réponses avec impatience!!


Vendredi 9 novembre:
la CNV s’invite dans le projet Le Son d’Enfants.

3e animation à la Petite Ecole de Gentinnes. Au programme du jour: choisir 4 propositions de sujet d’émission à envoyer à la classe jumelle en République Démocratique du Congo. Avec pour consigne de le faire en utilisant la CNV. La CNV? Késako?

La Communication Naturelle et Vivante

Voilà déjà plusieurs années que les élèves et les enseignants de la Petite Ecole sont coachés par l’asbl Antarès pour se former à la CNV. Cette méthode de communication développe l’empathie et la bienveillance et permet de résoudre bien des disputes et des conflits. Un des piliers de la CNV est d’apprendre à « parler en girafe », c’est à dire de raconter les faits, d’exprimer ses émotions et son besoin pour ensuite recevoir une proposition qui rencontre ce besoin.

CNV et propositions de thématique

Après avoir parcouru des journaux et discuter entre eux, les élèves, par groupe de 4 ou 5, présentent leur proposition de sujet. Grâce à la CNV, ils peuvent nommer les émotions qu’ils ressentent par rapport au réchauffement climatique ou aux enfants esclaves par exemple. Ils formulent ensuite un besoin. « J’ai besoin d’être sûr que les droits des enfants soldats soient respectés ». Ca vous parait difficile? Pas pour eux. Ils font cela chaque jour en classe pour démarrer leur journée. Exprimer ses émotions est un premier pas vers le Droit à la Participation et ça, GEOMOUN est fan!

Découvrez les 4 propositions de sujet de la Petite Ecole pour la classe de La Colombe à Kinshasa:

Décembre 2018

En attendant que les élèves de La Colombe ne choisissent le thème des futures émissions parmi les 4 propositions de Gentinnes (Le réchauffement climatique, le racisme, les inégalités entre les hommes et les femmes et les enfants esclaves), je vous propose d’écouter leurs réponses aux questions de la classe belge.


Les élèves de Kinshasa ont, eux aussi, des dizaines de questions à poser aux enfants de la classe jumelle. Ecoutez-les:


21 décembre à Gentinnes

A quelques heures des vacances de Noël, les élèves de Gentinnes sont heureux de clôturer ce trimestre d’école en répondant aux questions des enfants de la classe jumelle à Kinshasa. Avant de vous lancer dans l’écoute de ce son, préparez-vous un petit thé et installez-vous confortablement, il dure 11 minutes 😉

 


9 janvier 2019 à Gentinnes

C’est une journée exceptionnelle à La Petite Ecole de Gentinnes puisque les élèves reçoivent la visite du Directeur du Centre Scolaire La Colombe de passage en Belgique. Pierre Mungwa arrive en classe les bras chargés de cadeaux pour les enfants et leur institutrice. Tout d’abord, une magnifique sculpture en Malachite, mais aussi des dessins de chaque élève de la classe jumelle à l’attention des enfants de Gentinnes. Merci merci merci 🙂

 

Le sujet de l’émission est maintenant connu: le réchauffement climatique. Faisons d’abord un petit tour de classe afin de voir ce que les enfants savent de ce phénomène. « C’est l’atmosphère qui se réchauffe… » « à cause des gaz à effet de serre… » « il faut diminuer la pollution… ». Ils sont effectivement dans le bon. Pour tout bien remettre en place, je leur propose de regarder une courte vidéo qui explique le changement climatique.

L’effet de serre est un phénomène naturel et utile puisque c’est grâce à lui, l’atmosphère garde un peu de la chaleur du soleil et maintient la terre à une température moyenne de 15° (au lieu de -18° sans cet effet de serre). Mais l’activité humaine depuis l’aire industrielle et la pollution générée par celle-ci font augmenter artificiellement cette température.

Quelles sont les conséquences de ce réchauffement climatique?

Un dérèglement de les équilibres naturels (température, régime des vents et des pluies, biodiversité, acidité des océans). Les océans vont « grimper », des animaux vont perdre leur habitat, des centaines de millions de personnes vont devoir fuir leur logement et trouver refuge ailleurs. + de tempête dans le Nord, + de sècheresse dans le Sud. Des maladies vont se développer à cause de la prolifération de moustiques « tropicaux ». 20 à 30% de la biodiversité va s’éteindre (20.000 espèces par an)… Et tout ça, à cause de l’activité humaine. On va dans le mur, on le sait et nos décideurs politiques ne semblent pas s’en préoccuper.

Quelles émotions ressentent les enfants en sachant cela? De l’angoisse, de la peur. Mais aussi de la rage, de la colère. De l’impuissance, du découragement…
De quoi les enfants ont-ils besoin par rapport à cette situation?
Que les adultes se mettent en action. Que l’on pense aux générations futures. Qu’on découvre tout ce que des gens font déjà pour améliorer les choses. Qu’on bouge à notre tour. Qu’on soit fier!

La fierté, c’est quand même mieux que la peur et le désespoir, non? 😉

Petit devoir pour la prochaine fois:

Chaque enfant doit lister 3 à 5 sources d’information pour préparer l’émission: la bibliothèque, la visite du Pass, des livres, des sites internet, des personnes à interviewer… Et aussi proposer des gestes citoyens à mettre en place pour contribuer à sauvez notre belle planète. Rendez-vous en février.

 


Vendredi 15 février à Gentinnes

Après une semaine d’évaluations (dont une bonne partie portait sur les gaz à effet de serre), les élèves de 5e primaire ont partager le résultat de leur devoir: la liste de toutes les ressources et tous les sujets pour leur future émission sur le réchauffement climatique. Les rencontres en vue sont: la venue en classe du professeur émérite en climatologie Michel Erpicum, la rencontre avec le présentateur du Jardin Extraordinaire Tanguy Dumortier, un skype avec Alain Hubert depuis la station polaire Reine Elizabeth…

Mais aujourd’hui, les élèves reçoivent Jean-Marie Thiry, conseiller communal écolo. Il nous parle de la commune de Chastre et de ce qui y est entrepris pour lutter contre le réchauffement climatique.

Ecoutez l’interview en quasi intégralité:

 


 


Jeudi 21 février: Gentinnes marche pour le climat!!

Parler, c’est bien, agir, c’est mieux! Pour joindre le geste à la parole, les élèves de madame Alix ont décidé de participer à une marche pour le climat. Ils ont inventé des slogans, confectionner des panneaux et ont embarqué à la Gare de Gembloux direction la capitale!

Ils ont même profité du voyage en train et du rassemblement bruxellois pour réaliser des interviews en vue de leur future émission radio sur le réchauffement climatique. Merci 1000 fois à tous ceux qui ont répondu au micro des enfants. Il y avait plus de 2 heures de rush pour ne pouvoir garder que 5 minutes de sons. Les choix étaient souvent difficiles.

Découvrez le reportage:

 


Vendredi 22 février à Gentinnes

Quelle chance, le grand-père d’un élève de l’école est… un climatologue!

Le professeur Michel Erpicum est venu en classe répondre aux très nombreuses questions des enfants. Cela aurait pu durer la journée entière tant le sujet passionne les enfants… et notre orateur. Merci monsieur Erpicum de partager votre enthousiasme.

Et si vous voulez en apprendre plus sur le climat, écouter un extrait de ce long échange.



C’était tellement chouette qu’on a même eu droit à un reportage sur Canal Zoom 🙂